Vendre des toiles grâce à une série télé

30 janvier 2018 | Radio-Canada.ca 

Une artiste-peintre originaire du nord de l'Ontario a eu ses 27 secondes de gloire devant plus de 660 000 téléspectateurs la semaine dernière, à la télévision nationale. Lorsque les cotes d'écoute complètes seront connues, ce chiffre pourrait même augmenter de 40 % de téléspectateurs. Les toiles de Véro Boisvert n'étaient qu'un élément de décor, dans une courte scène du téléroman Hubert et Fanny diffusé le 23 janvier. Malgré tout, l'artiste originaire de Hearst, en Ontario, affirme avoir réalisé une vente à la suite de l'émission diffusée sur Ici Radio-Canada Télé.

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La participation de Vé Boisvert (son nom d'artiste) dans Hubert et Fanny relève du hasard. L'équipe de production de l'émission filmait au bar Vices & Versa, à Montréal, le printemps dernier quand des membres ont remarqué les oeuvres de Vé Boisvert sur les murs. Ils l'ont contacté pour avoir son autorisation de les filmer. L'artiste a accepté sans grandes attentes.

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Vé Boisvert : une fenêtre sur l’art

23 janvier 2018 | Monsaintsauveur.com

Installée dans son loft-atelier du quartier Saint-Sauveur depuis un an et demi, Vé Boisvert a fait, il y a quelques mois, le grand saut : vivre exclusivement de son art. « La peinture est arrivée par magie. C’est une histoire d’amour et pas autre chose. On ne décide pas nécessairement de devenir artiste », mentionne la peintre autodidacte.

« J’ai fait ma première vente en Angleterre le premier jour où j’ai commencé comme travailleuse autonome! Ça m’a confirmé que j’avais pris la bonne décision », exprime la pétillante femme de 27 ans, se décrivant elle-même comme une « génératrice d’émotions ». Elle se sert d’ailleurs de ses émotions, de la méditation et de la musique pour peindre ce qui lui traverse l’esprit, un coup de spatule/pinceau à la fois. « Je peins toujours avec de la musique; ça joue souvent en boucle, comme un mantra », illustre celle qui se délecte de mélodies sombres et nostalgiques.

Le déclic s’est fait il y a quelques années, à Montréal, alors qu’elle est déménagée dans un appartement aux murs entièrement blancs. « C’était l’hiver, le temps était maussade. J’étais étudiante à l’UQAM et j’avais peu de sous, donc un petit budget aussi pour faire ma déco. C’est là que j’ai eu l’idée de créer des toiles. Ça a tellement été relaxant! Je pouvais donner du repos à mon cerveau hyperactif, m’évader un peu », raconte celle qui dit avoir gardé son coeur d’enfant.

Essentiellement abstraites, les toiles de Vé Boisvert peuvent évoquer des gerbes de fleurs, un champ de blé ensoleillé, une envolée d’oiseaux, des papillons, etc. La diplômée en communication explique : Je m’éclate vraiment dans l’abstrait plutôt que le figuratif, car les possibilités sont infinies. C’est comme des fenêtres vers le monde. Je veux donner aux gens de l’amour, du bien-être.

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Comment as-tu débuté en peinture?

La peinture est arrivée dans ma vie un peu comme par magie. Alors que j’étais étudiante en communication à l’UQAM, j’ai déménagé durant le mois de décembre dans un appartement tout blanc sur le Plateau Mont-Royal. Et comme la proprio voulait plus ou moins qu’on mette des coups de pinceau sur les murs et que je n’avais pas le budget pour m’acheter de la belle déco, j’ai eu l’idée de faire des peintures pour apporter de la couleur dans ma vie en cette période teintée de blanc. Encore aujourd’hui, je remercie ma proprio et mon petit budget d’étudiante! (rire)

À ce moment-là de ma vie, j’étais sous pilote automatique entre l’école, le travail et plusieurs autres projets. La peinture s’est révélée comme une thérapie. Les moments où je peignais étaient les seuls durant lesquels je pouvais mettre sur pause mon cerveau hyperactif. Je me souviens très bien que je préférais peindre plutôt que dormir. Peu à peu, la peinture est devenue pour moi une dépendance. Je terminais une toile et je m’imaginais déjà mettre des couleurs sur une autre toile vierge. Je me souviens très bien qu’au départ, il était hors de question que je vende une peinture. Pour moi, il était inconcevable que je vende mes émotions à une autre personne, c’était beaucoup trop intime! Après avoir créé plus d’une vingtaine de peintures, je commençais à manquer de place pour les entreposer. J’ai alors commencé à vendre quelques-unes de mes créations à mon entourage qui souhaitait m’encourager dans cette passion (merci à vous!!!). Au début, je les vendais à un prix très modeste. Je me disais « au moins si je peux arriver dans mon argent, je vais être bien contente de pouvoir payer mon matériel afin de continuer à exercer cette passion ». Parce qu’on ne se le cachera pas, peindre est un loisir assez dispendieux. Et, après plusieurs peintures et d’innombrables heures à peaufiner ma technique, j’ai commencé à en vendre à des inconnus, et cette passion-là se poursuit maintenant tous les jours de ma vie… Merci, la vie!

 

Comment t’inspires-tu?

Pour être honnête, je m’inspire de la simplicité qui nous entoure. Que ce soit l’émotion qu’évoque une chanson ou la manière dont une fleur s’envole dans un champ, je vois de la beauté dans tout et j’ai envie de transmettre cet émerveillement à travers mes peintures. Je peux rester longtemps à fixer des nuages et à essayer de comprendre les formes qui se dessinent dans chacun d’entre eux. Par la suite, j’essaye de reproduire certains effets pour avoir l’impression de flotter dans mes peintures. Je travaille aussi beaucoup avec l’émotion de la résilience. Pour peindre, j’écoute de la musique à la fois nostalgique et mélancolique. Je dois entendre de la musique qui vibre à basse fréquence pour transformer ses émotions en joie. Dans la vie, ce n’est pas toujours facile. On a tous des hauts et des bas, mais je crois qu’il faut transformer les émotions profondes en quelque chose de beau et d’inspirant. Mes peintures évoquent à mon sens la joie, l’espoir et la lumière. Mais je dois avouer que ma source d’inspiration primaire réside principalement dans la méditation.

Comment décrirais-tu ton style?

Une touche d’impressionnisme teintée par un coup de spatule à la Riopelle! Honnêtement, je n’aime pas mettre des mots à mon style (haha!). Tout simplement, je peins en me laissant guider par mon intuition. Je n’essaye pas de suivre un courant en particulier. Je n’ai pas étudié la théorie des couleurs ni l’histoire de l’art, je fais ce que j’ai envie de voir apparaître sur une toile vierge pour me sentir bien. J’ai juste envie que les gens se laissent guider par leur imagination pour plonger dans mes peintures. Je crois tout simplement que c’est de l’art qui fait du bien à l’âme. Certains vont voir se dessiner des images et d’autres, rien du tout. C’est justement ce qui est éclatant avec de l’art abstrait. Et comme je n’aime pas dire aux gens quoi voir ou quoi penser, c’est à vous de les détecter avec votre imagination! Mais je dois dire qu’il y a souvent les mêmes thématiques qui apparaissent dans mes toiles…!

Fais-tu des commandes spéciales?

Oui! Et c’est honnêtement ce qui me fait le plus triper. J’ai la chance d’avoir des clients qui ont confiance en moi. J’ai principalement des commandes spéciales pour des gens de la région de Québec et de Montréal. Je me déplace chez eux ou ils viennent me rencontrer à mon loft-atelier. Si le client demeure à l’extérieur de la région, il m’envoie des photos de la pièce en question avec les couleurs souhaitées. Lors de notre rencontre, on discute du style, de la dimension et de tout plein de petits détails qui font que la peinture est sur-mesure. Pour moi, c’est super important de bien cerner les goûts de la personne. J’aime particulièrement cet aspect-là de mon travail puisque c’est essentiel pour moi de rencontrer les personnes qui m’encouragent dans mon art.

Entrevue menée avec MaryLynn, cofondatrice du blog La Fabrique Crépue

Publiée le 8 septembre 2017